Une ombre dans la ville ø Isabella



 
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Alexander M. Guildford
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MessageSujet: Une ombre dans la ville ø Isabella Lun 21 Avr - 11:16


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
Une douce chaleur se répandait sur mon visage alors que quelques rayons de soleil étaient parvenus à se frayer un chemin à travers les rideaux du petit salon. Levé avant l’aube, j’étais posé sur ce fauteuil depuis lors, attendant patiemment le réveil de la gouvernante. Elle entra avec un plateau chargé par mon petit déjeuner. Je tournais la page du journal de la veille avant de lever les yeux. « Merci, Annie. » Je repliais le journal pour le laisser tomber dans le panier à vieux journaux et pris le nouveau qui reposait sur le plateau lui aussi. « Il fait un temps magnifique aujourd’hui, Monsieur, vous devriez en profiter. » Je parcourais la première page sans trouver de quoi satisfaire ma curiosité. « Peut-être… je verrais bien. » En silence, la vieille dame s’inclina et quitta la pièce. Je fermais le journal à nouveau et regardait le contenu du plateau. Rien ne me faisait vraiment envie et ce depuis longtemps maintenant. Je pris une fourchette d’œuf et un morceau de bacon, cela ne me goûtait pas et pourtant je me doutais des efforts fourni par la cuisinière pour me servir un si copieux petit déjeuner. Je soupirais longuement, parcourant la pièce du regard, je regrettais d’être aussi seul et me rappelait des soirées auprès du feu passé avec mon épouse.

   Comme tout était triste désormais, vide et désolant. Je tendais les mains pour me servir du thé, arrivé à la moitié de la tasse, ma main gauche flancha et la théière se renversa sur le sol. Alerté par mon cri de surprise, Annie entra dans la pièce précipitamment, je la soupçonnais d’ailleurs de n’avoir pas dépassé la porte. « Je suis navré, Annie, vraiment. » Je voulu me lever pour l’aider, mais elle leva la main pour me signaler de rester tranquille. « Ne vous excusez pas, ce n’est pas votre faute. » Mon regard se posa sur ma main secouée de spasmes incontrôlables et abîmée, je hochais la tête. « Vous pouvez ramasser, je ne mangerais pas plus. » Son regard navré me reprochait mon manque de volonté à me nourrir et par conséquent ralentissait ma guérison. Je n’avais le cœur à rien et ce depuis maintenant trop longtemps. Je supposais même que les gens devaient jaser pas mal sur mon compte. Un commodore revenu blesser qui décline toutes les invitations qui lui sont faites.

   Je quittais le salon pour regagner ma chambre et m’habiller, déclarant au valet que je ne voulais pas de son aide. Non, pas aujourd’hui. Je me sentais tellement inutile, comme un poids mort que je ne saurais tolérer quelconque assistance supplémentaire aujourd’hui. Avec bien du mal certes, je parviens à me vêtir et suivant le conseil de ma gouvernante, je quittais la maison pour profité un peu du beau temps. J’enfouissais ma honte dans ma poche et marchait dans les rues trop calme de ce village de campagne vers Dieu sait où. En vérité, rien ne m’intéressait vraiment à part repartir en mer, fuir la société et oublier. Je ne me sentais plus maître de mon destin et il fallait que je le redevienne.  
   
(c) Bloody Storm

   



Alexander M. Guildford
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Ven 25 Avr - 10:14


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   

Il n’est pas rare que je passe plus de temps que je ne le devrai au lit, le matin, laissant le soleil inonder la pièce pendant que je m’étire tel un chat sous mes couvertures. Je ne sais pourquoi, mais c’est le moment que je préfère de la journée. Finalement, une servante arrive dans ma chambre, avec mon petit-déjeuner, et elle me sourit d’un air complice. Père déteste que je traine ainsi, mais avec les années, j’ai réussi à me mettre les domestiques dans la poche, et je peux ainsi profiter de mon lit et d’un bon livre tout en buvant mon thé chaud du matin.
Aujourd’hui, j’ai le droit à des tartines de confiture que je dévore à toutes dents, pendant que Sonia me prépare une jolie robe pour la journée.
- J’ai quelque chose de spécial de prévu aujourd’hui ?
- Vous devez vous rendre en ville pour choisir les tissus de votre nouvelle robe pour la fête du mois prochain, miss.
Je hoche la tête et je sors enfin du lit pour faire un brin de toilette, avant de revenir boire une gorgée de thé, discutant avec Sonia de la robe du jour, et d’autres frivolités, pour finalement accepter son aide pour enfiler ma robe et qu’elle serre mon corset. Je la laisse ensuite assembler ma longue chevelure en un chignon qui tombe sur mes épaules, et je maquille très légèrement mon visage pour que mon teint soit parfait.
A la vue du soleil qui pointe le bout de son nez dehors, je choisis de prendre mon ombrelle pour sortir, et je décide de me rendre au village à pieds, pour profiter de la journée de printemps qui nait change tellement de l’hiver que nous avons subi. Je ne fais pas vraiment attention à ce que je faisais, cherchant le moindre petit signe que les champs que mon chemin traverse vont bientôt se couvrir de fleurs. Finalement, en arrivant au village, mon regard ne fait que s’attarder sur les maisons ensoleillées, sur les petits jardins où la vie reprend petit à petit son cours, et là non plus, je ne vois pas réellement où me portent mes pas, jusqu’à ce qu’une ombre entre dans mon champ de vision et me fasse stopper net juste avant de percuter quelqu’un.
- Oh, excusez-moi… Je ne faisais pas attention…
Comme je relève les yeux pour regarder qui j’ai faillis percuter, le rouge me monte aux joues et je m’incline légèrement pour le saluer.
- Commodore…
 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Ven 2 Mai - 5:38


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
Marchant dans les rues de ce village qui hier encore me semblait si familier et aujourd’hui totalement inconnu, je me laissais aller à un peu de nostalgie. Je me revoyais enfant passant ici mes étés à courir dans ces rues trop calmes. Je repensais aux parties de pêche sur le pont de pierre perché au dessus de la rivière ou encore les moments où je m’étais caché dans tel et tel jardin pour échappé aux remontrances de mon grand-père aujourd’hui disparu. Toute cette joie désormais disparue de ma vie et de mon esprit embrumé par le chagrin teinté de solitude volontaire. Je croisais sur ma route quelques personnes qui pour certaines me reconnaissaient. Parfois, la tristesse venait poindre en mon cœur en découvrant qu’une maison que j’avais jadis si bien connue avait changé de propriétaire. Qu’espérais-je après tout? Le temps passe et les gens vont et viennent. Nul n’est éternel. Passant devant la librairie, je passais sa porte et découvrait avec plaisir que le tenancier était toujours ce vieil homme charmant et jovial d’antan. Je le laissais me conseillé une bonne lecture, laissant pour une fois un énigmatique et peu franc sourire se dessiner sur mon visage. La discussion fût brève et je reçu d’ailleurs ses cordiales condoléances pour les pertes que j’avais subies. Je pris conscience de mon manque de civisme lorsqu’il déplora qu’on ne m’ai point vu depuis mon retour avant ce jour.

   QQuittant la boutique, je me dirigeais vers le pont que je connaissais si bien, figé lui dans l’air du temps depuis de si nombreuses années et qui serait encore là, bien après le décès de chacun des habitants actuels d’Estbury. Sortant pour la première fois de la journée ma main gauche de ma poche, je la laissais parcourir la pierre du pont et fermait momentanément les yeux. C’est à ce moment là que je manquais de percuter de plein fouet une jeune demoiselle et son ombrelle. Instinctivement, je replongeais la souffrante dans ma poche afin de la cacher et m’inclinait légèrement devant la jeune femme que je reconnaissais comme étant miss Isabella Langley, fille du baron de ces lieux. « Miss Langley. » me redressant, je continuais. « Je m’excuse de même, je ne regardais point où j’allais. »

   Lorsque mon regard se posa à nouveau sur elle, ce fût presque un choc de voir quelle magnifique jeune femme elle était devenue. La dernière fois que j’avais croisé sa route, elle n’était encore très jeune, pas encore adolescente. Je n’étais revenu à Estbury que de très rares fois par la suite, pour des durées très courtes et n’avait pas eu le loisir de recroisé la route des filles du baron. « Permettez-moi de félicité votre beauté, mademoiselle. Je n’avais de vous le souvenir que d’une enfant espiègle et aujourd’hui, j’ai face à moi une femme des plus accomplie. Cependant, cela me donne l’impression d’avoir beaucoup vieilli. » Dis-je avec un sourire plus franc et amusé. « Vous promenez vous en cette belle journée ou êtes-vous au village pour quelques courses ? » 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Sam 10 Mai - 4:34


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
Je n’étais réellement pas capable de faire quoi que ce soit sans que ça tourne au cauchemar. Voilà que j’étais incapable désormais de marcher sans rentrer dans les gens. Je n’avais réellement pas envie, pourtant, de me faire remarquer. Et puis, j’avais tant de choses à faire… Trouver ma robe pour la soirée masquée, me faire fabriquer un masque assortit, et peut être faire un tour dans le village pour voir quelques amies et connaissances. Alors, perdre du temps dès les premières minutes n’était réellement pas dans mes projets.

- Non, c’est ma faute… J’étais dans les nuages…

Comme toujours. Il était tellement rare que je me concentre sur ce qui m’entourait. Néanmoins, je n’avais pas de prise sur cet état d’esprit que j’ai toujours eu, et qu’à mon humble avis, j’aurais toujours. Quelques fois, j’avais l’impression que le monde allait trop vite pour moi… Ou bien trop lentement pour s’adapter à mes envies et besoins. Et, pour le coup, aujourd’hui, tout semblait arriver trop vite.

Je n’avais pas vu le Commodore depuis un moment, il fallait l’avouer. Je n’étais même pas certaine d’être au courant qu’il soit rentré à Estbury. Pourtant, il se tenait là devant moi, et c’est gênée que je lui fis une petite révérence maladroite. Que je pouvais être gauche parfois…

- Je vous remercie, Commodore… Et je suis désolée que le temps qui passe vous saute à ce point aux yeux.

Un sourire contrit monta à mes lèvres, alors que je ne réalisais pas que l’homme ne faisait que plaisanter… Plaisantait-il ? Je ne le savais point.

- Je me rendais à la boutique de la couturière pour qu’elle prenne mes mesures pour la robe que je porterais au bal masqué organisé par Père dans quelques semaines, en l’honneur de notre nouvel invité.

Invité que j’espérais croiser le moins possible après ce qu’il s’était passé à la bibliothèque la veille. Néanmoins, je ne devais pas montrer le ressentiment que j’avais envers Lysander devant le Commodore, et encore moins en plein milieu du village. Je devais faire en sorte que personne ne remarque la honte qui m’habitait à la simple mention de cette conversation houleuse, et des manigances minables que ma famille était prête à mettre en place pour garder sa fortune.

- Père va bientôt envoyer les invitations, et j’espère vous compter parmi nous lors de cette soirée, Commodore.

 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Dim 11 Mai - 4:10


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
Je ne rajoutais rien aux dires de la jeune femme, après tout, nous étions apparemment tout deux dans les nuages au moment du presque impacte. Je jetais un coup d’œil autour de nous en écoutant la suite de ses paroles et puis reportais mon attention sur elle. « Oh non, ne soyez pas désolée de cela. Pas à votre âge, préoccupez vous de votre jeunesse, mademoiselle. » Je haussais un sourcil lorsque elle mentionna un bal et un invité de marque apparemment. Le baron ne se donnerait pas autant de mal pour organisé une fête pour quelqu’un de quelconque. Diantre, voilà que je me rendais compte de mon manque d’intérêt pour les affaires du village. Dans quel état avais-je donc été pour à ce point ne pas écouter les informations de ma gouvernante. « Permettez que je vous accompagne jusque là ? C’était aussi ma direction avant ce regrettable incident. Ainsi, vous pourrez peut-être m’en apprendre plus sur les derniers événements à Estbury ? » Lui proposais-je alors en lui tendant mon bras valide.

   De cette manière, je ne ferais pas perdre de temps à la demoiselle qui semblait pressée de faire ses courses. Ce que je pouvais comprendre, à son âge on n’a pas de temps à perdre avec des hommes de mon âge. J’eu un sourire contrits à ses dernières paroles. L’idée de me rendre à un quelconque bal ne m’enchantait pas, je n’y avais –selon moi- pas ma place. Tout du moins, je ne servirais qu’à décorer la pièce de ma présence, bien incapable que j’étais de remplir mon devoir auprès des jeunes demoiselles désireuses de danser. « Je crains devoir décliner, hélas. Je m’avérais plus un fardeau qu’une bonne compagnie, je le déplore. » Si, autre fois, j’avais été quelqu’un qui s’investissait dans ce genre d’évènement, ne manquant pas de faire danser plus d’une dame ou demoiselle, je n’en étais désormais plus capable. Du moins, pas tant que je ne serais pas totalement remis de ma blessure affective.

   L’identité de cet invité pourtant, demeurait pour moi un réel mystère et j’avais peur de passer pour ce que je n’étais pas en questionnant la jeune femme. Cependant, il était temps que je me mette à la page. De fait, je questionnais la demoiselle en usant de toute ma délicatesse. « J’espère ne pas me montrer trop inconvenant, mais voyez vous, je n’ai point été très attentif aux dernières nouvelles. J’ignorais même que vous aviez un invité chez vous. Pourriez-vous m’en dire d’avantage sur l’identité de ce monsieur ? » J’eu quelque peu honte de mes paroles, car cela faisait tout de même six mois que j’étais revenu à Estbury et que je faisais preuve d’un incivisme particulier. « Je dois vous sembler incivique et je crains l’avoir que trop été ces derniers mois… » 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Mar 13 Mai - 0:44


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
Il était fort heureux pour moi que le commodore ne m’en veuille pas. Cependant, je ne pouvais m’empêcher de réellement penser qu’un jour, je tomberai certainement sur quelqu’un qui prendrait très mal mon petit côté tête en l’air, et cela me jouerait des tours. En attendant, pour le moment, j’avais de la chance. Un sourire monta à mes lèvres lorsque l’homme me proposa de m’emmener à ma boutique, et je me glissais à sa droite, et je lui pris le bras, bien consciente que le gauche était tabou, vu la façon dont il le gardait dans sa poche.

- Ce sera avec plaisir que je passerai un moment en votre compagnie.

Un pas après l’autre dans le printemps qui renaissait des cendres, nous avancions, et je parlais donc au Commodore du bal qui se préparait. Ma surprise fut totale quand j’entendis qu’il ne souhaitait pas s’y rendre, et je fronçais les sourcils, me tournant vers lui.

- Je n’en crois pas un mot. Ce bal est l’occasion d’oublier ses soucis, le temps d’une soirée et de s’amuser. Et puis, même si vous ne dansez pas, je suis certaine que l’oportunité d’avoir de bonnes conversations et de passer un peu de temps en compagnie agréable devrait vous faire venir ? Il ne faut pas vous priver de telles occasion par simple peur de ne pas … Je ne sais pas, être à votre place ?

Quoi qu’il en soit, ce n’était pas à moi de paraitre impolie et d’insister trop. Cependant, Alexander me semblait réellement triste, et c’était un sentiment que je n’aimais pas voir sur le visage des gens. Peut être étais-je trop sensible, mais il n’était pas question que je le laisse s’en aller sans avoir eu droit à un sourire. Sa question suivante me donna quelques sueurs froides, comme la dernière fois que j’avais parlé à notre hôte, ça s’était pour le moins très mal passé.

- Et bien, vous n’êtes pas sans savoir que notre famille a… perdu son héritier.

Ces mots étaient douloureux pour moi. Pas que j’ai été très proche de mon cousin, mais parce que j’avais toujours déploré que Mary ne puisse être celle qui hérite. Elle le méritait tellement… Enfin, il n’était pas heure de divaguer comme ceci sur des sujets dont je ne pouvais rien.

- Et, le suivant sur la liste vient de Londres. Il s’agit d’un cousin éloigné, du nom de Lysander Northon. Il est avocat et … il est arrivé il y a peu. Père souhaite qu’il se sente à sa place chez nous, et il a pensé qu’un bal de bienvenue lui permettrait de rencontrer un peu les habitants d’Estbury.

Un soupir monta à ma poitrine. Si j’évitais mon cousin depuis qu’il était arrivé, c’était encore pire depuis cette dispute dans la bibliothèque, où il suffisait que je voie une ombre pour tourner les talons comme une enfant prise en faute. J’avais peur de ce que pourrait donner une nouvelle altercation avec lui, tout comme j’avais envie, quelque part, qu’elle se produise.

- Nous avons tous nos soucis, et ne pas être à la page n’est absolument pas une tare, pas avec moi, Commodore.


 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Mar 13 Mai - 5:37


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Une ombre dans la ville

J’avançais donc en plaisante compagnie sur le chemin qui menait au village et à sa rue commerçant. L’idée me vint que je passerais bien par la boulangerie pour ramener une pâtisserie à Annie. Une façon de la remercier de ses charmantes attentions envers moi et sa patience pour me supporter depuis ces six derniers mois. Je n’avais pas dû être facile à vivre en fin de compte. Je ne voulais presque pas manger, je restais assis presque toute la journée comme figé dans le temps et cloîtré dans un obscure silence alors qu’elle faisait tout pour m’en sortir. Cette femme avait toujours été adorable, d’aussi loin que je m’en souvienne. J’irais donc lui chercher une de ces délicieuses tartes aux citrons dont elle raffole, si ma mémoire n’est pas trop mauvaise. Les paroles de la jeune femme vis-à-vis de ma non participation au bal sonnait certes justes, mais pas entièrement. « Je n’ai pas le cœur à m’amuser et guère l’envie d’avoir de longues discussions. De plus, je n’ai guère d’amis en ces lieux que j’ai vraiment envie de revoir. Je ne serais pas à ma place, c’est une certitude, mais ce n’est pas la seule chose qui me pousse à décliner l’invitation. » Je serais forcé d’évoquer des sujets bien trop douloureux, tel que ma blessure et le décès de mon épouse ainsi que de notre enfant. De plus, je n’étais pas d’humeur à supporter le regain d’intérêt des jeunes femmes envers moi, car je suis un parti fortuné et par conséquent un bon. « Je ne souhaite pas suscité le moindre intérêt… pas pour l’instant. »

Je fronçais les sourcils en entendant que l’héritier du domaine était décédé. J’ai vraiment raté beaucoup d’évènements. Je supposais qu’Annie aurait bien évidemment fait parvenir mes condoléances à la famille sans me demander la permission. Cette gouvernante m’était d’une aide très précieuse. « Je suppose qu’on a du me le dire en effet, je vous présente une fois de plus mes très sincères condoléances. » Plus que n’importe qui, je plaignais les gens qui étaient marqué par un deuil tel que celui-là. Perdre quelqu’un dans la fleur de l’âge est une épreuve. Bien plus à mon sens que de perdre quelqu’un qui était déjà à la fin de sa vie. Cependant, c’est un débat philosophie sur lequel, nous n’allons pas nous étendre infiniment, des choses plus sympathiques requièrent notre attention.

J’en appris donc plus au sujet de ce mystérieux visiteur. Je plaignais quelque peu cet homme, quitter une ville comme Londres pour venir se perdre dans un petit village quelconque de la campagne. Il devait avoir le sens du devoir et des bonnes manières pour ne pas avoir décliné l’invitation avec courtoisie. Nul doute en plus qu’un avocat aurait su trouver les mots juste pour décliner sans heurter le baron et sa famille. Plus encore que cela, ce fut le soupire de la jeune femme qui attira mon attention. « En effet, nous avons tous nos soucis et apparemment, vous en avez personnellement avec ce monsieur. Sinon, pourquoi auriez-vous soupiré de la sorte ? Vous n’avez guère changé en grandissant, miss Isabella. Venant de moi, c’est un compliment, j’aime que les gens restent fidèles à eux-mêmes. Même si, je ne puis en dire autant de moi. » Il était sans doute loin le temps où j’étais de bonne compagnie, de bonne conversation et toujours prêt à amuser les enfants ou à m’amuser avec eux lors d’une partie de cache-cache. L’uniforme ne m’avait pas arrêté, le deuil cependant, y était parvenu.
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Mer 4 Juin - 22:58


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
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L’inconvénient de ma jeunesse est qu’il m’est parfois si facile de briser un moment important par mon incompétence et par mes paroles vaines et futiles. Cependant, d’autres fois, c’est cette fraicheur qui sait se montrer brillante, et me permettre de trouver le bon mot au bon moment, bercée par l’innocence de mon enfance encore si proche. Cependant, je ne sais jamais avant de voir la réaction de la personne à côté de moi ce qu’il va se produire, et laquelle de ces deux options mes mots vont choisir d’apporter. Je sais que le commodore a eu de nombreux soucis, comme l’indique cette main qu’il semble vouloir cacher, et les rumeurs sur la mort de sa femme et de son enfant. Mais, je n’aime pas à me laisser sombrer dans la mélancolie, et il est une chose que je ne supporte pas : c’est que les autres laissent leurs soucis les rattraper, à tel point qu’ils ne deviennent que tristesse permanente.
- Commodore… Je sais que vous avez vécu tellement de choses absolument affreuses que je ne peux même pas imaginer les traverser un jour mais… Vivre sans amis, sans sourires, sans égayer votre esprit de conversations, est-ce réellement la vie que vous voulez choisir ? Vous avez encore de très nombreuses années devant vous, êtes-vous vraiment sûr de vouloir vous couper ainsi du monde ? Je… Ce n’est pas une vie… Ni pour vous, ni pour personne.
Pour tout dire, je ne souhaiterai même pas cette vie à mon pire ennemi…
- Je me doute que mes paroles doivent sembler un peu déplacée mais, j’ai réellement du mal à comprendre comment on peut se retrancher sur soi-même de cette manière. Certes, le premier bal sera compliqué, et très certainement le suivant aussi, mais être heureux, c’est un travail de tous les instants. Vous ne pouvez pas rester là, et attendre que le bonheur vienne simplement remplacer la tristesse… Enfin, c’est comme ça que je vois les choses.
Je dois avouer que la réaction de mon interlocuteur à cette phrase m’intéresse grandement, et qu’une peur certaine étreint mon cœur désormais, comme je ne sais si je ne suis pas allée trop loin pour lui. Il est vrai que je ne connais pas plus que ça le commodore, et que je n’ai pas réellement l’envie de me faire remettre ma place. Cependant, ce serait bien fait pour ma personne s’il choisissait cette option. On m’a toujours dit que je parle trop, et que je ne suis pas capable de savoir comment tourner mes phrases, et encore pire : quand me taire.

Par la suite, le sujet de la conversation dévia sur mon cousin décédé, et sur ce nouvel héritier. J’acceptais les condoléances du commodore d’un sourire triste. Je n’ai jamais été proche de mon cousin, de toute façon, et même si la situation familiale est en train de partir à vau-l’eau, j’ai encore du mal à me sentir réellement concernée, du moins si on excepte le fait que je passe plus de temps à esquiver Lysander qu’à chercher à le connaitre. Je suis réellement un courant d’air, et il n’est pas rare que j’arrive à passer la journée dehors plutôt que de devoir passer une seule seconde avec lui. Et, il n’est pas rare de me voir changer de direction brusquement, surtout depuis quelques jours que nous avons eu lui et moi une petite explication houleuse.
- Je préfère ne pas parler de cet homme. Lui et moi avons des différends, nos caractères ne s’accordent pas du tout et, j’ai peur de ne jamais arriver à parler de lui en termes positifs. Au fond, je crois que je lui en veux simplement d’exister… J’aimerai que notre société permette à Mary d’hériter, au lieu de nous imposer un homme que nous n’avons ni voulu, ni souhaité… Mary a toujours été… parfaite, exactement ce qu’on attendait d’elle, et au final…
Ma voix se brise, soupirant à nouveau, et secouant légèrement la tête. Le compliment de l’homme sur le fait que je n’avais guère changé en grandissant me fait sourire, cependant. Il est vrai que je n’ai jamais passé beaucoup de temps à réfléchir comment m’améliorer, gardant l’impétuosité de mon enfance, et ce visage sur lequel on peut lire chacune de mes émotions. Est-ce réellement une tare ? Pas si j’en crois mon interlocuteur, cependant.
 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Dim 8 Juin - 23:09


 
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
 

 
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Je puis aisément vous confirmer que la jeune femme a de la chance que je ne sois pas le genre de personne à m’offusquer rapidement de paroles aussi impertinentes que les siennes. La vie en mer à cela de bien qu’elle a d’autres codes et change parfois votre vision des choses, vous fait accepter une façon de dire les choses que la bonne société terrestre ne saurait tolérer. Pourtant, ce n’était pas pour autant que j’acceptais de me faire rabrouer de la sorte sur mon comportement. Pour cette tâche, j’avais déjà ma gouvernante. « Puis-je vous donner un conseil, miss Isabella ? Évitez de parler de chose que vous ne connaissez pas en ces termes, vous pourriez un jour vous retrouver avec des ennuis plus gros que vous. Ce qui serait regrettable, croyez-le bien. » Pour sûr, notre société n’est peut-être pas la meilleur, mais au moins elle est stable et permet à chacun de vivre dans une certaines sécurités. Cependant, elle est parfois bien trop dure envers le sexe féminin, mais ce n’est pas à moi d’en juger. « Peut-être comprendriez-vous ce peu d’engouement envers la vie, si vous aviez la mienne et mon caractère. Je pense que tout découle de là : le caractère. J’ai longtemps été un fort caractère, n’ayant peur si pas de rien, de pas grand-chose. Et il en faut pour être à ma place sur un bâtiment, sachez-le. Cependant, il est des évènements qui vous marquent et vous blessent plus que d’autres. Je ne me suis pas marié par amour, vous devez le savoir, c’est lot courant dans notre société, mais avec le temps j’ai appris à apprécier mon épouse, à éprouver de la tendresse pour cette femme qui devait me supporter et supporter mes absences parfois très longues. Si, elle n’était pas l’élue de mon cœur, au moins elle était ma meilleure amie et ma confidente, une personne sur laquelle je pouvais compter. Alors, quand en pleine mission, j’ai appris son décès et celui de notre fils… j’ai assez mal réagis, ce qui m’a valu ceci. » Je sortais ma main de ma poche et la dégantait avant de longuement la fixé. « Je n’ai jamais eu beaucoup d’ami, mais le peu que j’avais ma tourné le dos avec ma mise à pied et je ne peux pas me vanter d’avoir beaucoup d’ami ici. Cependant, je suis incapable de retourner à Leeds après tout ceci. » Je remis ma main dans mon gant et la remis en poche. « Voilà, mademoiselle, pourquoi je n’ai guère envie de fréquenté le monde, les gens sont curieux, aiment connaître des détails croustillants sur la vie des autres et je n’aime pas raconter ce qui s’est passé. Comment pourrais-je être heureux, mademoiselle, alors que je suis seul ? Personne ne cherche à me rendre visite ici. » Sinon, cela ferait un bon moment que je serais sorti de chez moi, surtout avec une gouvernante comme Annie.

  Les confidences de la jeune femme vis-à-vis de ce monsieur qui faisait la une des potins d’Estbury étaient plutôt surprenantes. De ce que j’en savais, il faisait forte impression à tout le monde, mais c’était peut-être parce qu’il était tout aussi convoité par les jeunes-filles à mariées du coin et leurs mères. « Si, vous ne cherchez pas à le connaître comment pourriez-vous être certaines que vos caractères diverges à ce point ? J’ai souvent constaté dans ma carrière que c’était les caractères les plus semblables qui ne s’accordent pas. Je vous trouve bien orgueilleuses et pleines de préjugées, Isabella. Reprochez à quelqu’un le fait d’exister ne résoudra en rien votre situation et si, il venait à épouser votre sœur, cela ne ferait que rendre plus difficile encore votre situation à venir. Je pense que vous avez tort de vous comporter de la sorte avec lui, en toute honnêteté, mais je ne suis personne pour vous dire comment être avec les gens. » Les premières maisons firent leur apparition dans mon champs de vision et je posais mes yeux sur Isabella. « Il me semble que vous avez une bien trop haute opinion de votre sœur. Notez, je suppose que c’est toujours ainsi, on met souvent l’aînée en valeur, mais c’est aussi celle qui est le plus brimer par les parents. Votre sœur est parfaite, car c’est ce qu’on attend d’elle. Peut-être qu’en vérité, votre sœur ne voudrait même pas hériter du domaine. Maintenant, répondez-moi franchement, si d’aventure votre sœur tombait amoureuse de ce monsieur, si il l’a rendait heureuse, lui en voudriez-vous ? Car, il est des choses dans ce bas monde, que personne ne peut prévoir, même pas vous. Peut-être se détesteront-ils à vie, peut-être seront-ils les amants les plus heureux du monde avec une famille de dix enfants… Qui sait ? Personne ne sait. Ne blâmez pas la société d’être ce qu’elle est, car il y en a des moins bien loti que nous et je les ai vues de mes propres yeux. Vous êtes jeunes, Isabella, vous avez encore tant de chose à voir, à apprendre et à connaître. Mary est assez grande pour faire ses choix toute seule et je vous en voudrais de la remettre en doute, si elle a décidé d’accéder à la requête de votre mère, je suppose, de courtiser ce monsieur, elle l’a fait en connaissance de cause et pour quelque chose qui lui semble juste. Vous n’avez pas le même caractère, c’est ce qui vous rapproche et vous oppose dans un sens. »

 
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Ven 13 Juin - 2:50


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
Une ombre dans la ville

   
La remontrance d’Alexander me fit monter le rouge aux joues. Encore une fois, ma langue trop pendue n’avait su trouver les mots que je devais trouver, et c’était des choses totalement idiotes qui en étaient sorties. J’aurais voulu entrer dans un trou de souris pour ne jamais plus en sortir. Et, ce que me raconta l’homme par la suite me laissa tout simplement pantoise, car j’avais réellement du mal à envisager tout ce qui avait pu se passer, raconté comme ça, pour donner au final un homme tel qu’il était. Il devait avoir, malgré ce qu’il disait, une force vive intérieure extraordinaire. J’en connaissais qui se seraient certainement suicidés, lui n’avait perdu ‘que’ sa main, alors qu’il était au fin fond du désespoir. Je ne pouvais qu’admirer cet homme, et je secouais doucement la tête de droite à gauche, espérant sincèrement comprendre un jour comment il faisait pour mettre encore chaque jour un pied devant l’autre. Par respect pour lui, j’observais un instant sa main avant de détourner le regard, loin d’être dégoutée par son aspect. Si cette marque indélébile était le prix qu’il avait payé pour rester en vie, alors je ne pouvais que comprendre qu’il n’ait pas envie de forcément cotoyer les gens. La mutilation, la perte de sa famille et de ses amis… Non, vraiment, j’avais agis comme une sotte, et je ne pouvais que m’en excuser.
- Pardonnez-moi. Je parle toujours trop, je n’ai pas changé depuis mon enfance, et j’ai bien peur que cette maturité n’arrive jamais chez moi.
Je pris une seconde de plus pour réfléchir, cette fois. J’avais bien envie de prouver au commodore qu’il valait le coup d’être connu, de me proposer pour lui tenir compagnie mais… Ne serait-ce pas vu comme étant un signe de fiançailles ou de mariage proche ? Je n’avais envie ni de l’un, ni de l’autre, et une demoiselle de la haute noblesse comme moi, en âge de prendre un époux, devait se chercher ce dit époux, et non passer du temps comme une enfant avec un homme bien plus âgé qu’elle, simplement parce qu’elle ne supportait pas de voir les gens qu’elle appréciait tristes. Serait-ce dont inconvenant, de nouer une amitié avec Alexander ? Certainement. Et, je n’étais pas à mon premier scandale, comme le dernier en date parlait de moi en tunique en train de me baigner dans la rivière l’été précédent. Père m’avait tellement grondée en apprenant ça, que je n’étais pas sortie de ma chambre pendant un mois. Alors, ce scandale-ci… Non, il valait mieux, pour une fois, garder ma langue dans ma bouche, et dévier la conversation sur notre hôte, par exemple, et sur Mary. Je ne répondis pas sur le point de Lysander, notre dispute de la veille m’ayant bien suffisamment permis de découvrir son caractère, et je n’avais pas du tout envie d’y retourner. Mais, Mary… Ma chère Mary… Non, il est impensable qu’on puisse toucher à cette perfection.
- Peut être avez-vous raison, et peut être qu’elle n’agit ainsi que par contrainte mais… Elle est ma sœur, celle qui a partagé tous mes jeux d’enfants. Certes nous avons une certaine rivalité, mais à l’heure actuelle, elle parle de se sacrifier… Je refuse qu’elle se sacrifie pour ça… Lysander est loin d’être un monstre, même si je ne l’apprécie guère, et il ne nous mettra pas à la porte. Il a un autre titre à hériter, de plus. Celui que nous possédons ne lui est rien. Alors, pourquoi… Pourquoi Mary devrait-elle l’épouser ?
Certes, il était bel homme, mais… Mon esprit trop jeune, peut-être, n’arrivait pas à entrevoir tout ça. Comment pouvait-elle envisager de partager le lit d’un homme qui n’avait pas gagné son cœur ?
- Si un jour elle en vient à l’aimer, je ne me mettrais certes pas entre eux. Au contraire, je serais ravie pour elle mais… Mais il est impossible pour moi de laisser ma sœur se sacrifier comme ça, simplement parce que c’est ce qu’on lui a demandé. Je préfèrerai encore l’épouser moi-même, cet homme, pour lui éviter d’être malheureuse toute sa vie.

 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Sam 14 Juin - 2:56


 
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
 

 
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Je pardonnais volontiers à lady Isabella, j’avais toujours su faire preuve de patience avec les jeunes, ce pourquoi j’avais souvent de nouveaux et jeunes marins sur mon bâtiment. Cependant, il y avait des erreurs que je ne pardonnais pas, je savais aussi me montrer austère et sévère, mais pas ici. À quoi bon de toute façon ? Ce n’était pas comme si j’allais souvent voir cette demoiselle ou comme si elle allait aller raconter tout ceci. Du moins, j’osais espérer qu’elle ait assez de respect et de politesse pour ne pas le faire, mon courroux serait plus parlant cette fois. « La maturité viendra, miss… elle finit toujours par arrivée. » Peut-être plus vite qu’elle n’ose l’imaginé par ailleurs, qui sait si cette histoire d’héritage n’aura pas des répercutions plus marquées qu’escomptée sur la famille du Baron. Pauvre homme, le voilà au centre d’une belle tourmente et connaissant ces dames, il ne devait même pas être au courant des manipulations de sa femme et de la doyenne de la famille. « On ne peut espérer, lady Isabella, grandir et prendre de la maturité lorsqu’on le souhaite, c’est souvent un évènement qui vous fait grandir. » Non pas que j’ai été immature très longtemps, la première canonnade en mer avait eu raison de mon innocence et de mon immaturité, mais plus encore, apprendre mon ascendance bâtard avait achevé les résidus et la perte de mon épouse et de mon fils m’avait probablement rendu plus vieux que je n’étais en réalité.

  Je m’arrêtais brusquement sur mon chemin pour me tourner complètement vers la jeune lady et la regarder dans le blanc des yeux. « Gardez-vous bien de cela, Isabella. Je n’ose imaginer le courroux que votre mère et votre aïeule feront s’abattre sur Mary dans ce cas. Je prierais même que votre sœur réussisse, si j’étais à votre place. Si, Lord Northon lui échappe et s’amourache d’une de ses gourgandines gloussantes, elle sera humiliée. Notre siècle et notre époque sont bien cruel avec les jeunes femmes, mais plus encore avec celle qui éconduisent leurs prétendants en faisant la chasse à un bon parti et qui le laisse leur filer entre les doigts. Je crains que vous ne me confirmiez que votre aînée ai déjà commencé à éconduire bien des prétendants, n’est-il pas ? » Sans parler des plaintes de la baronne devant l’incapacité de sa fille à enjôlé cet homme. « Si même, il est un homme bon comme vous le dites, madame votre mère y verrait un terrible outrage. Une fois sa colère passée sur Mary, elle s’en prendra à vous et miss Elizabeth en vous accusant de ne pas avoir tout fait pour mettre en lumière votre sœur. Je l’ai déjà vu et vécu, Isabella et je ne souhaite certainement pas cela à votre sœur et j’espère que vous non plus. Pourquoi elle devrait l’épouser ? Peut-elle espéré meilleur parti ? Non, je ne connais pas beaucoup de noble qui possède deux titres comme Lord Northon et malheureusement, dans la noble société, c’est ce qui prime, la taille de la dote et des apports financiers. »

 
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Mer 18 Juin - 8:42


   
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Je dois bien avouer une chose simple : il a raison sur beaucoup de points, et je sais qu’un jour je saurais être aussi mature que je le souhaite. Il convient même de dire que ça me tombera dessus au moment où je ne m’y attendrais plus. Rien ne sert de courir, il faut partir à point, et il est hors de question dans tous les cas que je me ruine la santé et les pensées à espérer quelque chose qui viendra par la suite. Cependant, j’en viens à confier quelques petites pensées qui me viennent à l’esprit, comme protéger Mary de ce lord Northon en prenant sa place et en épousant cet homme que je ne saurais jamais aimer. Cependant, la réaction du commodore, encore une fois, me surprend, et je reste interdite alors qu’il me rappelle ce qu’il se passera pour Mary si je ne la laisse pas tenter sa chance. Mère ne saurait le tolérer, et les rumeurs qui en découleraient seraient catastrophiques pour ma sœur. Vu moins, voici ici l’avis de mon ami, et il diverge bien du mien.

- Mary serait prête à se sacrifier, certes, mais elle se sacrifie depuis toujours. N’a-t-elle pas le doit à sa part de bonheur elle aussi ? De plus, si c’est moi qui épouse cet homme, certes je ne serais pas forcément heureuse avec lui, mais Mary, elle, sera libre d’épouser qui elle aime de tout son cœur.

De plus, je n’étais pas tout à fait certaine de voir Mère s’énerver, du moment que l’une de nous trois épousait cet homme. Elle avait même été assez spécifique là-dessus. L’une de nous devait l’épouser, peu importe le prix. Si amour il y avait, alors ce serait mieux. Sinon, eh bien, ce serait tant pis pour nous. Mais, il était hors de question que leur fortune parte à l’as simplement parce que nous n’avions su nous mettre assez en avant pour qu’il en tombe sous nos charmes. Mary, Lizzie ou moi… Au fond, c’était tout ce qui lui importait : marier l’une de ses filles. Comportement aberrant à mes yeux, et absolument inhumain. Néanmoins, il valait encore une fois mieux retourner sur des sentiers plus calmes que cette conversation, comme les premières maisons du village se profilent devant nous. Je n’ai nulle envie de voir de nouveaux ragots venir envahir les oreilles de ma mère et de ma grand-mère.

- changeons de sujet, voulez-vous ? Ce qui doit arriver arrivera, et nous n’avons ni l’un ni l’autre le pouvoir de modifier le destin que Dieu nous a choisi.

Voilà une bien étrange façon de parler pour moi, qu’on doit tirer à la messe toutes les semaines. Cependant, pour une fois, je préfère laisser croire que je crois ne pouvoir influencer le destin, et je préfère me tourner vers l’organisation du bal.

- Commodore, viendrez-vous au bal ? Je me ferais une joie de danser avec vous, car croyez moi : que vous le vouliez ou non, je suis certaine qu’une dans vous fera le plus grand bien.


 
   
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Dim 22 Juin - 22:47


 
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
 

 
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Il me semble finalement que la jeune demoiselle a encore bien des choses à apprendre sur le monde qui l’entoure et plus encore sur le monde de la noblesse auquel elle appartient cependant. Peut-être simplement parce qu’elle vit dans cet endroit reculer et qu’elle n’a jamais vu et côtoyer le reste de cette société hypocrite et parfois malsaine. Oui, elle restait une enfant dans son cœur, croyant encore aux contes de fées et quelques parts, j’espérais que sa sœur avait déjà passé cette étape de sa vie, sinon la déconvenue serait aussi douloureuse que dangereuse. « Vous êtes naïve, Isabella. Votre sœur est l’aînée d’une famille noble, à ce titre, on épouse jamais quelqu’un que notre cœur choisi. Plus naïve encore si vous vous imaginez que Lord Northon daignera vous épousez après votre prise de bec qui, comme vous l’avez dit, lui a montré votre vrai caractère. Il ne se laissera plus berner par votre jeu, c’est un noble avertit de la société londonienne et maintenant qu’il a eu vent du complot, il va se méfier de tout et de tout le monde. De vous en particulier, sans parler de Mary. » Sans parler du fait qu’il allait désormais estimer que les filles Langley ne s’intéressait à lui que pour son héritage. La situation n’était peut-être pas encore désespérée, mais elle était des plus délicates et ce que ce soit pour Mary, Isabella ou même Elizabeth. « Je pense que vous avez de la chance, qu’il n’ait pas encore pris la tangente et que c’est uniquement parce que c’est un gentilhomme qu’il n’a pas fait éclater toute cette histoire au grand jour et tourner votre famille en ridicule. Je connais peu d’homme de sa condition qui aurait eu cette bonne intention. » Oh oui, la plupart des nobles auraient pris le premier fiacre pour Londres où ils auraient démoli la réputation de la famille qui lui aurait causé pareil préjudices.

  Les maisons firent leur apparitions et avec elle, le souhait que nous changions de sujet, ce que je puis comprendre. Dans un petit village comme celui-ci, les murs ont des oreilles et même parfois des yeux. « Si vous le désirez, cependant je ne crois ni au destin, ni en l’intervention divine sur notre vie. » Oui, peut-être que toutes ces histoires dans ma vie ont finalement eut raison de ma foi. On ne choisit pas son destin, on le subi, mais dans un sens rien n’est écrit, du moins je l’espère sinon je n’aurais plus qu’à mettre fin à mes jours. La question du bal revient sur le tapis de la conversation et me fit soupirer. Je n’avais pas envie d’y aller et il était fort à parié que je n’irais pas. Sauf contraint et forcé par Annie. « Je ne puis vous promettre de me rendre au bal, je n’en ai ni l’envie, ni le besoin selon moi. Cependant, si d’aventure je devais me montrer durant celui-ci, je vous promets que je vous accorderais cette danse que vous me réclamer. Êtes-vous satisfaite ? » Même si elle ne l’était pas, pour moi ce sujet s’arrêtait ici. Arrivé à l’entrée de la rue principale du village, j’arrêtais ma progression et je me tournais vers la jeune femme. « C’est ici que nos chemins ce sépare, ma jeune lady, je m’en retourne chez moi. » Je m’inclinais légèrement devant elle. « Que la journée vous soit agréable, miss et je vous remercie de votre compagnie. »

 
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MessageSujet: Re: Une ombre dans la ville ø Isabella Dim 29 Juin - 4:14


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isabella & Alexander
   

   
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Naive… Oui, je suis naive et encore pleine de ces rêves que l’enfance sait apporter, et que l’âge adulte sait vous ôter. Pourtant, aujourd’hui, je n’ai pas envie de m’appesantir là-dessus. Alexander a raison, il est déjà bien assez heureux que l’homme que j’ai offensé en lui envoyant en pleine figure toutes ces choses qu’il sait faire naitre en moi ne soit pas parti en courant pour raconter toutes les manipulations de ma famille. Alors, peut-être est-il déjà bien que je sache quand m’arrêter. Je n’irais pas plus loin avec lui, et si je peux réussir à esquiver cet homme pour tout le reste de ma vie, croyez-moi bien : je le ferais sans hésiter.

Mais, temps n’est pas à m’appesantir sur mes erreurs. Les choses qui ont été faites et accomplie ne peuvent pas, même avec toute la bonne volonté du monde, être effacées. Aujourd’hui je ne saurais que m’en accommoder, et faire en sorte d’évoluer avec. Tout en discutant, nous avancions vers le village, dont les premières maisons finirent par se profiler devant nous, avant que nous ne les atteignons enfin, tout en parlant de ce bal qui va animer la ville d’ici peu. Je finis par arracher la promesse d’une danse au commodore, même s’il n’est pas certain de se rendre au bal.

- Vous m’honorerez en venant. Je suis certaine que ça vous changerait les idées.

Puis, vinrent les salutations d’usage, alors que je devais aller dans une rue, et l’homme dans une autre. Un sourire sincère monta à mes lèvres, et je m’inclinais légèrement devant lui, avant de répondre :

- Je vous souhaite une bonne journée, monsieur. Et, c’est moi qui vous remercie de votre escorte.



 
   
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